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Publié par JB

Vous l'avez sans doute entendu : Le prix Nobel de littérature a été désigné aujourd'hui et c'est JMG Le Clézio, un écrivain dont la famille maternelle est bretonne mais dont l'existence et l'oeuvre transcendent les frontières. La mémoire, l'exil, les ruptures de la jeunesse, le conflit des cultures, les rapports entre nature et civilisation sont ses sujets favoris. Voici une video pour découvrir qui il est :


Le Clezio portrait envoyé par arc

Parmi ses oeuvres, Lullaby (1980), Celui qui n'avait jamais vu la mer suivi de La montagne du dieu vivant (1982) et Balaabilou (1985) s'adressent plus particulièrement aux jeunes lecteurs. Je conseille plus spécialement Lullaby en 6e, 5e.

Et voici trois extraits de son oeuvre :" La Ronde", une nouvelle publiée dans le recueil La Ronde et autres faits divers publié en 1969 (recueil de nouvelles à lire dès la fin de la 4e) et  un extrait de Onitsha  roman publié en 1991, deux textes très différents et Ourania, publié en 1995 qui donnent un petit aperçu de la variété de l'oeuvre récompensée aujourd'hui par ce prix Nobel.

Ces liens sont protégés par un mot de passe à me demander car ce sont des textes récents donc soumis aux droits d'auteur. N'hésitez pas en commentaire à me faire la demande du mot de passe.

Voici encore un  extrait de la dernière oeuvre de
Le Clézio :


« Je connais la faim, je l'ai ressentie. Enfant, à la fin de la guerre, je suis avec ceux qui courent sur la route à côté des camions des Américains, je tends mes mains pour attraper les barrettes de chewing-gum, le chocolat, les paquets de pain que les soldats lancent à la volée. [...] Cette faim est en moi. Je ne peux pas l'oublier. Elle met une lumière aiguë qui m'empêche d'oublier mon enfance. Sans elle, sans doute n'aurais-je pas gardé mémoire de ce temps, de ces années si longues, à manquer de tout. Être heureux, c'est n'avoir pas à se souvenir. Ai-je été malheureux ? Je ne sais pas. Simplement je me souviens un jour de m'être réveillé, de connaître enfin l'émerveillement des sensations rassasiées. Ce pain trop blanc, trop doux, qui sent trop bon, cette huile de poisson qui coule dans ma gorge, ces cristaux de gros sel, ces cuillerées de lait en poudre qui forment une pâte au fond de ma bouche, contre ma langue, c'est quand je commence à vivre. Je sors des années grises, j'entre dans la lumière. Je suis libre. J'existe. ».
La Ritournelle de la Faim. 2008


Le discours prononcé le 7 décembre à Stockholm  dont voici les derniers paragraphes, à méditer :

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